Jean-Rob

Qui n’a jamais consulté un voyant ? ah, c’est toi ?…

Le bouches à oreilles est le mieux surtout quand internet n’existe pas encore ! (#OhÇaVa). Cette histoire s’est passée en 1879, j’avais 26 ans. Peu importe la date, ça ne t’avancerait à rien. JR est over booké, il consulte dans le monde entier, je dois attendre six mois. Circuit confidentiel. Bref, si tu vas voir JR, tu n’y vas qu’une seule fois, parce que… ça tape, ça claque, ça déchire…

Face à face

Hello Jean-Rob ! Il ressemble à un business man, en costume, élégant. Tu fais la mariolle jusqu’à ce que tu te retrouves, dans son bureau en face à face. Il n’a rien, ni boule de cristal, ni cartes, ni trucs bizarres genre gri-gri. Nada ketchi, rien que lui et toi. Il commence à parler. Il débite, il accepte que tu notes tout ce qu’il te dit. Il parle sans arrêt, environ une heure. Toi, tu ne dis absolument rien, parfois il demande une précision, genre « il est blond, n’est ce pas ? »… Une question dont il connait très bien la réponse, c’est juste pour vous garder en vie.

Z’êtes au bord du craquage interne.

Patati-Patata

Un exemple ? Un fait qui arrivera 3 ans plus tard, donc tu as le temps d’oublier, si tu n’as pas tout noté. (moi : vi… + regard partout pour voir si il n’y a pas une équipe qui est en train de me pranker #caméraCachée)

attention il y a quelque chose qui se consume de l’intérieur, chez vos parents, je vois les pompiers, ils ne sont pas chez eux, mais il y a les pompiers. Ils ont une cheminée ? (Vi…une cheminée, vi / c’est moi qui me consume). Avant le blond, vous êtes à Roissy, hall F, vous rencontrez un brun, prénom Raphaël. (moi : quel blond ?) notez ! Le brun est sur la mer, je ne vois que des bateaux. Mais vous, nan… oui un peu, mais non #love Ça vous occupera l’esprit ! Uhuhuh ! Hall F, vous travaillez là-bas cinq ou six mois, avant de travailler à la radio. Roissy, job dans le luxe en rapport avec New York, je vois la piste, il y a des hublots en béton, d’où vous voyez la piste et les avions décoller.

(à l’époque, je vivais en Bretagne –> LoL) Vous êtes à Paris, vous trouvez un appart, grand studio, il vous plait, impasse ou sorte de parking, je vois des néons bleus, un truc médical, pas loin. Vous serez au quatrième étage sans ascenseur, vers un pont, donc au bord de la seine. Quartier calme.

« Ensuite, vous rencontrez un homme blond. L’opposé de ce que vous aimez. Notez Sophie ! (vi, je note, je note) il aura un prénom composé, avec un « fr ». Franck ? François ? Les yeux très très clairs, il est mince, grand, et connu dans les médias, il arrive d’un pays étranger, un pays Européen qui touche la France. Notez, au lieu de me regarder la bouche ouverte ! (vi, je note…mais c’est qui ? Robert Redford ou dans l’genre ? Sinon j’aime pas !) Notez !Vous vous entendrez à merveille mais au départ, vous le trouvez snob, il vous agace. Il est plus âgé que vous. Vous remarquerez ces chaussures. Notez ! C’est important, notez ! Blablablabla.…quand soudain, Jean Rob s’arrête de parler ! Il est livide ! Il se lève, se prépare un café, je sens le malaise. Comme rien de ce qu’il dit, n’est encore arrivé, je ne connais pas ces hommes, pour moi, ce n’est pas grave… Et je lui dis, super relax : « ok, je serai veuve ? Non mais dites-le moi, je ne le connais même pas ce mec ! Dites-le moi, Jean Rob. De toute façon, depuis petite je le sais. Je sais ça. » Il n’a pas répondu.

Je vois un labrador sable. Le labrador couleur sable, signifie que tout s’arrête net. C’est soudain, rapide, une période qui se termine d’un coup. Mais la vie reprendra. Tenez-moi au courant…« 

Ok Jean-Rob, je vous tiens au jus ! Voix off : profite de faire le tcheuke…profite !

3 ans plus tard

STUDIO. Je quitte la Bretagne pour Paris. Je vie ma vie à Panam, j’adore. Je rencontre quelques personnes, tous bruns. En arrivant, je cherche un job, ça urge, histoire de pouvoir louer mon studio. Pénurie dans la capitale, je trouve, Rue Lancret, Paris 16, à côté du pont du Garigliano, en face France Télévision. C’est calme putain ! L’appartement est au quatrième étage, sans ascenseur. Il est grand, j’adore ! Je me penche par la fenêtre, et là… Je vois quoi ? Une impasse, je ne fais pas attention. Mais à droite, sur l’immeuble voisin… (O_O <– tête de nunuille subjuguée) des néons bleus « MM Médical ». Ça, c’est fait. Next !

JOB. J’ai trouvé un job dans le luxe, à st germain des prés (il s’est trompééééééé ! trop nul lui ! Je suis dans le sixième, oui Môdôme ! Oui Môsieur !), mais 8 jours plus tard, la boutique ferme, la responsable m’annonce : « soit je vous envoie à Monaco, comme responsable de notre boutique, soit dans la boutique à Roissy ». ( O_O <– tête de quiche, en manque d’oxygène) – « Hall F » ? / – « Oui, Hall F ! Boutique côté piste ». Je vois les avions décoller, je suis à l’embarquement New-York… Boutique où la moindre culotte n’est pas à moins de 500€ #Soufflée. Voilà voilà… Ça aussi, c’est fait. Next !

RAPHAËL. un jour, une bombasse SaRaceSaMère entre dans la boutique Hall F, un homme brun, que je trouve mais tellement beau, sexy, glamour, magnétiiiique. Pas vendeuse pour un sou, je l’ignore. Il n’achète rien. Avant de partir, il me demande de déjeuner avec lui, son avion ne décolle qu’à 16 heures. OUI ! Oui, ok ! La bombasse s’appelait Raphaël, il était skipper… Ça n’a pas duré longtemps, il voulait que je l’accompagne (trop love, le p’tit !). Hummmm Raphaël… je ne l’ai jamais oublié. Non, je n’étais pas programmée pour flasher sur lui car des p’tits bruns, j’en voyais mille par jour. Arrête un peu avec tes réflexions ridicules, ça va m’agacer ! Ça, c’est fait. Suivant !

JF. Rendez-vous dans une radio (face canal+). Envoie de mon cv à l’attention du directeur des programmes. Je n’avais pas le nom. Le directeur des programmes me reçoit. Je ne vois que ces pompes ! Magnifiques chaussures Kenzo. Il est blond (What the fuck !), il est mince, grand, yeux bleus très très clairs, il est snob. Il en joue. Plus âgé que moi. C’est un rendez-vous professionnel, je ne pense à rien et surtout pas à ce que m’avait dit JR, trois ans avant. Le rendez-vous se passe mal, il se termine rapidement parce que le blondinet conclut avec cette phrase : « nan, je ne peux pas vous prendre, vous allez ralentir mes équipes » en me toisant, clope au bec. 8 jours plus tard, il me téléphone : « voulez-vous m’accompagner à la soirée tv5 monde ? Vous pourriez rencontrer du monde, ça vous aiderait peut-être « … <– le début était bien, la fin méprisante. Il s’attendait surement à ce que je sois intimidée, à ce que je refuse. OUI, ok. Blanc sur la ligne…Départ pour une longue aventure riche en rebondissements. Prénom composé, il arrivait de Suisse où il venait de créer une chaine de télévision, il avait des émissions de télé et radio. Je voyais bien que dans la rue, les gens le reconnaissait. Au début, avant qu’il ne me raconte sa vie, je pensais que c’était des collègues de radio France (#QueJetaisNaïve #JeMaime)

Un an plus tard, le labrador débarque. Périph-moto-crampe-hôpital-urgences. Le lendemain, « qui » débarque tranquillou Bilou ?

Le labrador

Mon téléphone sonne. Le propriétaire de mon STUDIO m’annonce qu’il récupère mon studio pour son fils, la RADIO où je travaille ne renouvelle pas mon cdd et JF m’annonce qu’il a une TUMEUR cérébrale, il ne sort plus de l’hôpital. Il lui reste trois mois à vivre. Là, les mecs… Là…ce jour là, me suis écroulée. Réflexe de mon pote, vite appeler Jean Rob : « Vous ferez le maximum, vous ne pourrez pas faire plus. Accrochez-vous, ça va aller très vite, quatre séances de chimio. Courage. Rappelez-moi.  »

Le choc, à terre. Tu demandes de l’aide, mais rien, silence, juste la réalité pour te consoler. Pour JF, Chimio 1. Chimio 2. Chimio 3. Quatrième chimio : Coma stade 1, 2, puis 3, et coma stade 4. Minuit, fin. Le labrador s’en est allé… Jean Rob est quand même d’une précision chirurgicale. Avouez ! Avoue j’t’dis ! <–( coup d’bottin sur le haut du crâne, attaché au radiateur) Pour la cheminée ? La poutre s’est consumée de l’intérieur, les pompiers ont stoppé l’incendie avant qu’il y ait une catastrophe matérielle ! Détail…

Ça sert à quoi de savoir ?

Savoir ne sert à rien, ça te prépare. Ton inconsciemment a le temps d’affuter ses défenses. Savoir qu’une période difficile, aura un début et surtout une fin, que tu la traverseras, quoi qu’il arrive, est vital. Ton cerveau se programme pour assurer encore mieux, mieux que si l’épreuve lui tombait sur le coin de l’oreille, par surprise. Ton cerveau est préparé à te guider.

Tout le monde te dit « ça va passer » (#gnagnagna), mais les amis, la famille, on les entend, on ne les écoute pas. Au fond, on sait que ce n’est que pour nous rassurer. Quand tu es en apnée dans le drame, entourée mais seule, tu ne vois pas demain. Tu as l’impression que jamais, jamais, le radeau ne rejoindra la terre. Seuls les mots de Jean Rob, résonnaient en moi :  » la vie reprendra, vous serez heureuse, ailleurs, à l’étranger « .

Plus tard, en effet, j’ai vécu à l’étranger, en Suisse. Heureuse. Je ne suis plus jamais retournée voir Jean Rob. Je le remercie souvent de m’avoir aidé. Tout passe, même ça.

Merci Jean Robert Durand. #rip

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